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HURLU est un studio de design industriel, 

association de deux designers Laura Iriart et Arthur Trichelieu.

             

 

Votre parcours individuel ?

« Laura Iriart, 26 ans: études à l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage (ENSAPBX) de Bordeaux, études de design produit à Lim’art Bordeaux. 

Arthur Trichelieu, 29 ans: études de Génie Mécanique et Productique (IUT GMP) Lyon, études de design industriel à l’Institut Supérieur de Design (ISD) Pune, Inde. Stage de 6 mois chez Elium Studio Paris avec Marc Berthier. »

D’où vous vient l’envie de faire du design?

Arthur: « Petit, mon livre de chevet était « Les folles inventions du XIXeme siècle », un recueil d’inventions plus ou moins réalistes sur l’électricité, les moyens de locomotion, le cinéma… je l’ai lu et relu en rêvant de devenir un jour un inventeur… » 

Laura: « J’ai toujours aimé créer, en général. Tout d’abord intéressée par l’architecture, j’ai vite réalisé que ce qui me passionnait dans les espaces étaient le mobilier et l’interaction usager-produit. L’architecture me paraissait trop « vide » et le lien que je trouve fort est le rapport de l’homme avec l’objet, ce qu’il en fait au quotidien et comment trouver des solutions à des problèmes que nous côtoyons chaque jour. Ce métier est magique car d’un dessin sur papier, d’une idée naît un produit accessible à tous qui peut changer et simplifier les modes de vie.»

Comment vous êtes-vous connus et qu’est-ce qui vous a décidé à travailler ensemble?

« Nous nous sommes connus pendant nos études en 2010. Arthur était venu à Bordeaux pour effectuer un stage de 6 mois dans une agence de design durant ses études en Inde.

En 2012, à la fin de nos études respectives nous avons commencé à participer ensemble à des concours de design. Nous avions tous les deux l’envie de nous lancer sans entrer dans une agence, ne pas nous conformer à un type de design particulier comme pourraient le faire de jeunes designers. Notre dynamisme, notre complémentarité et nos envies communes nous ont poussé à créer notre studio en 2013. »

Comment travaillez-vous, qui fait quoi?

« Concernant les projets, nous travaillons ensemble sur la phase d’analyse et l’étude de marché. Nous mettons nos recherches en commun afin d’avoir une vue d’ensemble sur l’environnement du produit que nous allons étudier. Après cette phase d’analyse (l’étape fondatrice d’un projet) nous en ressortons les problèmes que nous formalisons par des questions (Comment empêcher le café de refroidir? Pourquoi utiliser cet outil de cette façon, etc….) Ensuite vient la phase créative. Nous organisons des séances de créa en essayant de collecter un maximum d’idées en quelques minutes par axes prédéfinis.

Dans la suite du projet Arthur s’occupe davantage de la partie technique: modélisation de l’objet en 3D, esthétique, technique de fabrication, procédé industriel. Il se charge de rendre les produits et concepts réalistes et « sexy » visuellement. Laura s’occupe davantage de la partie communication, logo, développement, commercialisation du produit et promotion du travail global. C’est notre complémentarité qui fait notre force. »

D’où vient votre nom? Et votre identité visuelle?

« HURLU vient d’Hurluberlu, que nous avons raccourci, l’un induisant l’autre. HURLU parce que ébouriffés, excentriques, fusion des idées, dualité et complémentarité technicité/créativité.

Le chapeau c’est la boîte à idée, le masculin, le sérieux, la rigueur, la recherche, (on travaille du chapeau).

La plume, c’est la plume qui dessine, le féminin, le côté artistique, l’ouverture, la liberté, (léger comme une plume). »

Vos modèles dans ce métier?

« Sam Hecht & Kim Colin, Jasper Morrison, Muller Van Severen, Patricia Urquiola, Memphis, Dieter Rams. »

L’objet absolu dont le design approche la perfection?

« Le trombone, perfection technique, économique et utile. »

Votre définition du design? Son rôle dans la société d’aujourd’hui?

« Le design, c’est la relation entre l’art, la technique et la société. Concevoir des produits innovants s’inscrivant dans une relation structurelle, fonctionnelle et formelle. Nous nous efforçons de trouver des solutions à des problèmes et cela passe obligatoirement par une simplicité technique, formelle tout en s’inscrivant dans une démarche écologique et respectueuse de l’environnement.

Le rôle du design est de trouver des solutions. Le design n’est plus seulement esthétique. Le rôle du designer est primordial dans une société de consommation de masse, il faut réduire la production matérielle en créant des objets beaux mais surtout utiles et fonctionnels.

Nous ne nous limitons pas au schéma designer-éditeur-revendeur mais tendons à trouver de nouvelles possibilités et de nouveaux moyens comme l’impression 3D (projet WEAVIEW) qui permet de réaliser des prototypes mais également des produits en série. »

Votre premier travail en commun?

« Notre premier travail en commun est Coffin. A la suite d’une recherche menée par Arthur durant ces études nous avons développé ce produit ensemble et ce travail aboutira d’ici quelques mois à une production en grande série. Coffin est un cercueil pour animaux en papier mâché recyclé et 100% biodégradable. Il est composé d’un contenant pour l’animal, d’un couvercle et d’une graine placée dans la cavité supérieure du cercueil.

Petit à petit, un arbre et des fleurs vont naître et grandir là où l’animal a été enterré. Ce concept poétique et ludique permet aux enfants de faire plus facilement le deuil de leur animal de compagnie en l’appréhendant comme le début d’une nouvelle vie… »

Vos sources d’inspiration?

« Nos inspirations se puisent chaque jour dans la vie quotidienne et dans divers domaines artistiques, culturels et sociaux. Les voyages permettent de comprendre la diversité des comportements et au quotidien ce sont les problèmes que nous et d’autres rencontrons qui nous permettent de trouver des solutions et de créer des produits qui répondent à de réels besoins. »

Dans votre production, qu’est-ce qui reflète le plus vos envies?

« L’objet le plus représentatif c’est évidemment Coffin car il représente une idée répondant à un besoin réel de façon poétique, sans fioriture esthétique tout en s’inscrivant dans une démarche écologique respectueuse de l’environnement. Un produit utilisable par tous. »

Dans les courants ou tendances du design, desquels vous sentez-vous les plus proches?

« Bauhaus, Less is More (has been pour certains, limité pour d’autres, cette maxime représente ce pour quoi nous créons: simplifier, aider…) design minimaliste mettant au cœur du produit la fonctionnalité, le respect environnemental et surtout une esthétique simplifiée. Nous ne nous sentons pas dans un courant ou dans une tendance précise. Nos produits s’inscrivent chacun dans un milieu qui leur est propre. La cible et la fonction induisent le produit. »

Qu’est ce qui est le plus difficile pour un jeune designer?

« Pour un jeune designer, le plus dur est de faire vivre ses idées. En effet, une grande partie de notre travail est de trouver des solutions pour que nos produits soit fabriqués et commercialisés. Nous passons le plus souvent par l’auto-édition mais le lien désigner-éditeur est primordial. Ainsi le désigner peut passer plus de temps à chercher de nouvelles idées , se consacrer à la création et à l’innovation et moins à la partie commerce, marketing. Cependant pour Coffin et Bec, que nous auto-éditons, cela nous a permis de maîtriser ces produits depuis la naissance de l’idée jusqu’à la distribution dans les points de vente. C’est une partie également très intéressante et très instructive mais nous ne pouvons le faire pour chaque produit. »

Qui sont vos clients?

« Nous auto-éditons certains produits comme la gamme BEC ou Coffin. Chaque revendeur est déterminé selon le produit et la cible. Pour Coffin, nos clients sont les professionnels de la santé, principalement des vétérinaires. Pour les lampes BEC, nous nous tournons davantage vers des boutiques de mobilier sensibles aux produits de qualité environnementale, aux produits fabriqués en France au design plutôt minimaliste et naturel.

Nous avons ensuite des clients au sein d’entreprises variées qui font appel à nous pour une conception de mobilier ou de nouveaux produits innovants. »

G.C.


HURLU

DARWIN- Le campement

87 quai des Queyries

33100 Bordeaux, FRANCE

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